
Marshall Rosenberg, l’homme qui croyait au pouvoir des mots
Marshall B. Rosenberg, né aux Etats-Unis (1934–2015) était avant tout un humaniste.
Formé à la psychothérapie psychanalytique, puis élève de Carl Rogers, Marshall Rosenberg a obtenu son diplôme de docteur en psychologie clinique à l’Université du Wisconsin en 1961.
Il a consacré sa vie à une question simple et radicale : pourquoi les êtres humains se font tant de mal entre eux et comment rester humain, même dans les situations les plus difficiles ? C’est en tentant de répondre à cette question qu’il fonde la Communication NonViolente. Son livre « Les mots sont des fenêtres (ou bien des murs) » est un des textes fondateurs de la CNV.
Marshall Rosenberg développe une approche centrée sur l’écoute des besoins humains universels. Selon lui, derrière chaque colère, chaque jugement ou chaque violence, il y a un besoin non satisfait qui cherche à être entendu. Il ajoute : « Ce que les autres disent ou font peut être le stimulus, mais jamais la cause de nos sentiments. »
Une approche simple, mais profondément transformatrice.
Loin d’être une théorie abstraite, la CNV est née du terrain. Marshall Rosenberg l’a pratiquée dans des contextes extrêmes en tant que médiateur: zones de guerre, prisons, écoles violentes, conflits communautaires. Il aimait dire : « La violence est l’expression tragique de besoins non satisfaits. »
En 1984, il crée le Centre pour la Communication non violente (Center for Nonviolent Communication), une organisation internationale à but non lucratif. Jusqu’à la fin de sa vie, il a voyagé à travers le monde pour transmettre cette vision : un monde où les conflits ne disparaissent pas, mais où ils peuvent devenir des occasions de compréhension et de transformation.
Aujourd’hui, la Communication NonViolente est pratiquée dans des milliers de groupes, d’écoles, d’associations et d’organisations à travers le monde. L’héritage de Marshall Rosenberg ne se mesure pas seulement en livres ou en formations, mais dans chaque conversation où quelqu’un ose écouter autrement et parler avec plus de vérité.
La CNV, qu’est-ce ?
La Communication NonViolente (CNV) est une approche qui aide à mieux se comprendre, à mieux écouter les autres et à apaiser les conflits du quotidien. Elle a été développée par le psychologue américain Marshall Rosenberg.
Au cœur de la CNV, il y a une idée simple : derrière nos paroles et nos comportements se cachent toujours des sentiments et des besoins. Lorsque ces besoins sont reconnus et entendus, le dialogue devient possible, même dans les situations difficiles.
À quoi sert la CNV ?
La CNV permet de sortir du Jeu du « qui a tord ou qui a raison » pour aller vers le jeu du «Comment me rendre la Vie plus belle ? ». Tout cela en :
- Clarifiant ce qui se passe à l’intérieur de nous (auto-empathie)
- Exprimant avec clarté sans accuser ni juger ce que l’on vit (expression authentique)
- En écoutant l’autre avec plus de présence (empathie) ;
Ce n’est pas une méthode pour éviter les conflits, mais une manière de les traverser avec plus de conscience et d’humanité.
La CNV s’appuie sur un processus qui cherche:
- à observer une situation sans jugement,
- exprimer ce que l’on ressent,
- identifier les besoins en jeu et
- formuler une demande claire et concrète.
Ces étapes servent de boussole pour communiquer avec plus de justesse, envers les autres et envers soi-même. Cela nous aide à sortir du cercle vicieux de la colère, de la vengeance, du non-dit, de la recherche d’un bouc émissaire en nous permettant de reprendre toute responsabilité de nos sentiments et de nos actes. La CNV place la qualité de la relation au cœur du processus.
Il est important de préciser que la CNV est avant tout une pratique, un art de vivre. Elle s’apprend par l’expérimentation, l’échange et l’entraînement. Elle nous invite à cultiver l’écoute, la responsabilité et la coopération, dans la vie personnelle comme professionnelle.
Voici comment Marshall Rosenberg nous présente la CNV:
la Communication NonViolente engage à reconsidérer la façon dont nous nous exprimons et dont nous entendons l’autre. Les mots ne sont plus des réactions routinières et automatiques, mais deviennent des réponses réfléchies, émanant d’une prise de conscience de nos perceptions, de nos émotions et de nos désirs […] Dans tout échange, nous sommes à l’écoute de nos besoins et de ceux de l’autre. […] Nous apprenons aussi à définir et à formuler clairement ce que nous souhaitons dans une situation donnée […]
J’ai été frappé par le rôle déterminant du langage et de l’usage que l’on fait des mots. J’ai donc mis au point un mode de communication, d’expression et d’écoute, qui nous permet d’être généreux et de trouver un contact vrai avec nous-mêmes comme avec autrui, laissant libre cours à notre bienveillance naturelle. C’est ce que j’appelle la “Communication NonViolente […] Car bien que nous puissions avoir l’impression que notre façon de parler n’a rien de violent, il arrive souvent que nos paroles soient source de souffrance pour autrui et pour nous-mêmes. J’ai la conviction profonde que l’on ne peut s’imposer à l’autre sans en payer le prix. Le processus de communication que je propose est une invitation à concentrer notre attention là où nous avons le plus de chances de trouver ce que nous cherchons. ».
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