Quand l’élan rencontre l’engagement dans la joie de contribuer

15 avril 2019 par
Quand l’élan rencontre l’engagement dans la joie de contribuer
DE PICKER Jacqueline

L’élan : la joie du geste simple

Dans le milieu de la CNV, l’expression « faire les choses avec élan » revient souvent. On évoque aussi « l’élan d’un petit enfant de donner à manger à un canard ». Cette image apparaît dans A conversation with Marshall Rosenberg, publiée dans The Monthly Aspectarian (avril 1992).

Marshall Rosenberg y voit « une bonne métaphore qui aide les gens à se donner les uns aux autres avec la joie de petits enfants qui nourrissent les canards ».

Selon le Petit Robert, l’« élan » est un mouvement par lequel on s’élance ; le Larousse parle d’un mouvement intérieur spontané, d’une impulsion (« un élan du cœur »). L’élan nourrit naturellement des besoins comme la liberté, la légèreté, le ressourcement, la fantaisie, le plaisir.

 

L’engagement : une contribution choisie

Le Petit Robert définit l’engagement comme l’action de se lier par une promesse ou une convention. Le Larousse illustré parle, dans le langage sportif, de la mobilisation maximale de ses qualités (vitesse, détente, poids, masse musculaire).

Dans un collectif, l’engagement peut se comprendre comme l’envie de mettre ses talents au service du groupe, en choisissant consciemment des actions alignées avec ce que l’on accepte et ce qui fait sens.

Lorsqu’un engagement est honoré, de nombreux besoins individuels se trouvent nourris : solidarité, participation, partage, loyauté, interdépendance (dont la possibilité de compter les uns sur les autres), sens, accomplissement, appartenance, ressourcement (stabilité, structure).

Pour un collectif comme le nôtre par exemple, l’engagement nourrit d’autres besoins essentiels : une finalité claire, une cohérence de fonctionnement fidèle à l’esprit de la CNV pour rester crédible auprès du public, la stabilité, la structure et la pérennité (ressources humaines ou financières).

L’engagement agit alors comme un véritable ciment : il permet à la confiance, à la fluidité et à l’harmonie de circuler au sein du groupe, ce qui donne de la force et du sens à l’action commune.

 

Élan et engagement : un couple improbable ?

Marshall Rosenberg rappelait souvent que nous avons de la joie à contribuer quand nous ne sommes pas obligés de le faire, nous rapporte JF Lecocq.

Se pose alors la question pertinente : si l’engagement revient à « être obligé de…», peut-il encore y avoir de l’élan ?

La CNV propose deux éclairages :

  1. Quand une personne se dit « obligée », elle est invitée à regarder l’autre face de la réalité : elle « choisit de… », en privilégiant certains besoins plutôt que d’autres.


  2. Si l’engagement devient lourd, il s’agit d’identifier ce qui pèse. Quel besoin n’est plus nourri ? Quelles stratégies permettraient de le relancer ? La lourdeur signale un besoin de légèreté. Pour la retrouver, on peut vérifier si la tâche a encore du sens, envisager de la redéfinir, de la postposer, la déléguer ou la partager.


Marshall Rosenberg disait :

 « Vous accomplirez les tâches les plus ardues avec élan si votre intention principale est d’embellir la vie. »

Il savait par expérience que certaines tâches demandent ténacité et effort. Mais cet engagement peut rester habité par l’élan lorsque nous « participons à la vie en contribuant à créer la beauté, dans le monde et en soi, et à l’entretenir » (d’après Thomas d’Ansembourg).