Pratiquez … Vous avez dit Pratiquer ? Oui … et comment !!!! ????

10 septembre 2018 par
Pratiquez … Vous avez dit Pratiquer ? Oui … et comment !!!! ????
DE PICKER Jacqueline

Marshall Rosenberg, fondateur de la Communication NonViolente (CNV) disait régulièrement : “Pratiquez, pratiquez, pratiquez,…” 

Thomas d’Ansembourg outre qu’il répète à l’envi : « La Paix ça s’apprend comme les maths ou le foot » (cf la video de sa conférence à LLN), suggère systématiquement dans ses stages de se donner de l’empathie « 3 minutes, 3 fois par jour ».

Cet été, j’ai lu le livre de Ike Lasater (USA) « Guide pratique de Communication NonViolente à l’usage des dirigeants et de leurs collaborateurs » et y ai trouvé, illustrées par de nombreux exemples pratiques très vivants, des idées inspirantes comme pistes pour évoluer, progresser dans son intégration de la CNV. 

Je vous les partage avec enthousiasme ! (N.B. en italique des extraits du livre)

Tout moment est potentiellement favorable à l’Entraînement.

Les bases de la CNV (le processus en 4 étapes O pour Observation/S pour Sentiment/B pour Besoin/D pour Demande) vous étant devenues familières, Ike Lasater suggère une chronologie dans l’apprentissage :

1°) s’entraîner silencieusement à prendre conscience des blocages de connexion (point crucial pour apprendre à reconnaître les schémas que vous espérez changer), à pratiquer l’auto-empathie (accueillir et clarifier ce qui se passe en vous) puis l’empathie (accueillir ce qui se passe chez l’autre) silencieuse

Les avantages de la pratique silencieuse sont multiples : elle permet de s’entraîner en toute discrétion, de pratiquer à tout moment en tout lieu (ex : en voiture – à la caisse d’un supermarché – dans l’attente d’une communication téléphonique - …), de développer votre aptitude à l’auto-empathie et l’empathie silencieuse (va-et-vient lors d’un échange) avant de vous sentir prêt à vous exprimer à voix haute. Il y a de fortes chances pour que votre expression orale vous convienne après un moment de pratique silencieuse. C’est un processus graduel et il mène à une transformation intérieure.

2°) Célébrer ses avancées et faire le deuil de ses erreurs quotidiennement

C’est au matin que je fais avec le plus de bonheur l’exercice de passer la journée précédente en revue ; mais d’autres le feront plus volontiers en soirée pour le jour même.

Cela crée un Cycle d’apprentissage continu : prise de conscience de votre conduite, deuil, célébration, amélioration de ce qui vous a plu, éloignement de ce qui vous a déplu, le tout, dans le seul but de satisfaire vos aspirations profondes.

3°) Pour augmenter confiance en soi et savoir-faire par la pratique, s’exercer aux compétences de l’expression qu’il s’agisse de l’expression honnête (de ce qui se passe en moi) ou de l’écoute empathique (accueil verbal bienveillant de ce qui se passe chez l’autre).

Pour s’exercer avec une relative sécurité et éviter certains pièges de la pratique « sans filet », il conseille de s’exercer en premier avec des personnes inconnues et aussi avec les proches … pour autant d’avoir conclu avec ces derniers une « convention pour pratiquer » ; obtenir leur assentiment pour qu’ils soient prêts à un changement dans votre manière de communiquer et d’accord de participer à vos efforts. 

Il distingue les conventions « génériques » (globales), les conventions de prise de conscience (où on demande à l’autre d’attirer notre attention sur un point précis – ex : si j’émets un jugement au lieu d’une observation) et les conventions de prise de responsabilité (ex : donner à ses proches le pouvoir de nous rappeler à l’ordre) 

4°) Pour s’entraîner au dialogue, il parle aussi plus loin de jeux de rôles qu’il me paraît judicieux de pratiquer avec une personne également en apprentissage CNV et donc par exemple en stage CNV ou en groupe de pratique.

Il écrit par exemple : « Je peux pousser l’exercice plus loin en notant ce que j’aimerais dire à cette personne, puis, en donnant à mon partenaire dans le jeu de rôle le script des réactions que je crains le plus, m’exercer à y répondre. Cela me donne également l’occasion de m’entraîner à l’auto-empathie de secours, puisqu’entendre ce que je crains le plus risque de me réactiver. »


Il signale aussi que « Certains décident aussi de « sauter dans le vide » et d’utiliser la CNV dans toutes ses interactions, peu importe le cadre. » C’est la manière forte pour les plus audacieux !

La CNV n’a pas pour objet de modifier votre manière de parler mais bien de modifier la manière dont vous pensez et envisagez le monde. C’est une entreprise d’envergure.

L’intégration de la CNV prend du temps, demande de la détermination, du courage et donc aussi du soutien parfois.


Comme stratégies, il suggère : « Il est utile de s’inventer des rappels pour nous encourager à pratiquer. Nous pouvons afficher des post-its à des endroits bien visibles, recourir à l’aide de nos proches, nous réserver des moments consacrés uniquement à nos exercices, comme nous l’avons vu plus haut pour ce qui est de nos deuils et célébrations quotidiens. »

Ou encore : « Il peut vous être utile d’impliquer une autre personne pour vous aider dans votre démarche et en garantir la constance. Un coup de fil quotidien pour faire le deuil et célébrer peut être particulièrement utile. Cette pratique quotidienne nous remet fondamentalement et de manière continue en lien avec notre intention de pratiquer la CNV. » 

Il termine par « Le jeu en vaut la chandelle. En traduisant mes jugements en Observations, en identifiant mes Besoins assouvis ou non et en exprimant mes Demandes fondées sur ceux-ci, j’ai confiance de contribuer à un monde meilleur » et « je veux contribuer à un monde caractérisé par l’éveil de la bienveillance. »

J’ajouterai encore que faire appel à un ami, votre « binôme » lors d’un stage de CNV, un « parrain » CNV, une « girafe de secours » rencontrée lors d’un séminaire peuvent vous soutenir, que la participation à un groupe de pratique et les échanges avec vos pairs, la connexion à la communauté CNV via un groupe sur internet public ou fermé, utiliser un carnet de bord,  s’exercer avec le support de petits cahiers d’exercices comme ceux d’ Anne van Stappen * ou le coffret de Sophie Grosjean **  sont autant de » piqûres de rappel » visant à muscler vos capacités pour participer à la construction de ce monde NonViolent auquel Marshall Rosenberg nous a ouvert la voie.

 ‘*’ 

Petit cahier d’exercices de Communication NonViolente

Petit cahier d’exercices de bienveillance envers soi-même

Mon cahier poche : J'écoute mes besoins profonds

Petit cahier d’exercices pour s’affirmer et enfin oser dire non

Mon cahier poche : J’évolue grâce aux personnes difficiles

Petit cahier d’exercices de Communication NonViolente avec les enfants

Mandalas bien-être Pratiquer la Communication NonViolente

Je pratique la Communication NonViolente

Je m’exprime avec fermeté et bienveillance

’**’

La Communication NonViolente au fil des saisons 365 jours pour pratiquer la CNV de manière approfondie


Jacqueline De Picker

bénévole au sein de l’ACNV-BF et coordinatrice site-Page Facebook de l’association