« Dans le courant du mois de mai, je voyais dans une édition précédente de cette newsletter une annonce pour le “first Belgian NVC summerfestival”. Ce festival me semblait une belle opportunité de continuer sur la voie de la CNV. A ce moment, j’avais suivi une formation de base en CNV depuis une grosse année et j’assistais à un atelier de pratique depuis une année.
Une belle opportunité de continuer sur la voie de la CNV,… d’accord, … mais que fallait-il attendre d’un “festival NVC”. L’annonce parlait de “open space technologie” (chaque participant pouvait proposer un workshop indépendamment de son expérience), de “community gathering” journaliers, de “empathy groups”, … Cela avait donc l’air de tout, sauf d’une formation classique où un formateur instruit des participants …. Après quelques hésitations, ma curiosité et mon envie d’évoluer en CNV l’emportent sur mes craintes et l’incertitude.
C’est ainsi que je suis parti le dimanche 4 août pour le festival CNV à Koningsteen avec beaucoup de curiosité et une grande envie d’apprendre.
Le festival s’organisait effectivement comme annoncé. Chaque soir et chaque matin une “community gathering” avait lieu. Tous les participants, une petite centaine, étaient invités à se réunir dans la “community room” pour partager ce moment. Ce moment était l’occasion
- d’écouter et d’échanger sur un texte,
- de faire des communications pratiques comme par exemple qui peut encore aider à la cuisine aujourd’hui,
- de partager des sentiments par exemple de gratitude ou de regrets,….
- de présenter les différents ateliers de la journée, la plupart du temps en lien avec la CNV et la découverte de soi-même.
Les ateliers (« open space technology ») proposés étaient aussi bien organisés par des gens ayant peu d’expérience que par des formateurs certifiés ayant une longue expérience.
Des ateliers, je retiendrai entre autres les illustrations visuelles de la CNV de Holly Humphrey. Holly est une formatrice de la toute première heure, ayant travaillé pendant de longues années avec Marshall Rosenberg. Une première image qui m’a parlé est celle d’un tube par lequel la communication entre deux personnes doit passer. Si la personne 1 cache son message inconsciemment par un langage chacal et que la personne 2 réagit avant d’avoir décodé le vrai message, le tube se bouche. Le tube se bouche parce que les 2 messages se rencontrent dans le tube sans laisser de la place pour l’autre message de passer. Par contre si la personne 2 décode patiemment le message de la personne 1, le tube ne se bouche pas et un vrai dialogue peut se créer. Le tube est alors utilisé une fois dans un sens, une fois dans l’autre sens.
Une autre belle image était le cadeau qui nous est offert par chaque message qui nous stimule. Lors d’un atelier, nous avions chacun emballé un message qui nous avait stimulé et nous l’avions offert symboliquement à quelqu’un d’autre. L’objectif était juste de se rappeler du cadeau que les messages stimulants nous offrent, pas pour l’ouvrir.
Je pourrais encore vous donner plusieurs autres exemples de formateurs inspirants qui offraient bénévolement leur savoir-faire et expérience pour nous faire évoluer. Volker, Aga, Ida, Marcus, Sabine, Sarah, pour n’en citer que quelques-uns.
Après les ateliers de la journée, nous partagions un moment avec notre groupe empathique, un petit groupe de 4 personnes. Nous ne nous connaissions en général pas au début du festival et c’est le hasard qui a fait qu’on s’est retrouvés ensemble dans le même groupe. En langage CNV et dans l’ambiance CNV, on partageait ce qu’on avait vécu, ressenti la journée, des regrets, des victoires, des moments de gratitude, des difficultés,…
L’ensemble des ateliers, des « gatherings », des discussions en groupes empathiques,… dans une ambiance bienveillante ont donné lieu à de petits miracles pour quelques participants. Un exemple parmi tant d’autres, une personne ayant souffert d’un manque de confiance en elle pendant toute sa vie suite à des blessures d’enfance, est montée sur scène pour chanter pour la première fois devant un public à la fin du festival. Quel talent a-t-on découvert là!
Et puis il y a également quelques moments forts en émotions et un petit miracle que j’ai vécu moi-même. En voici quelques exemples.
- Lors d’une “médiation dyade” sur ce que le mot “connexion” réveillait chez moi, j’ai senti des émotions très fortes, des larmes, la respiration qui s’accélérait, de la joie, un apaisement,…
- Les moments que j’ai pu passer aux jeux avec les enfants en tant qu’“animateur de remplacement” m’ont apporté un grand bonheur et l’occasion d’exercer la CNV en situation réelle.
- Ma première prise de parole pour exprimer un regret au niveau de l’organisation lors de la “community gathering” et l’acceptation et la reconnaissance des participants m’ont touché et donné plus de confiance.
- La cérémonie d’adieu m’a apporté un mélange de bonheur et de tristesse. Du bonheur pour les beaux moments vécus ensemble, de la tristesse quand je me rendais compte que cette belle semaine prenait fin. C’était un sentiment comme à la fin des camps scouts que je vivais il y a 30 ans, juste beaucoup, beaucoup plus fort.
- Et puis le retour au boulot était un peu compliqué. Je ressentais encore un peu plus l’incohérence entre les valeurs du travail et les valeurs de la CNV qu’auparavant. Quelques jours après, j’ai décidé de m’inscrire à une formation d’agrégation pour l’enseignement secondaire afin de changer de cap professionnel. Je suis curieux de savoir où cela me mènera.
Donc, vous l’aurez compris, ce festival était un moment de découverte, d’évolution personnelle, de connexion,… Je tiens donc à exprimer toute ma gratitude à tous les participants et formateurs en particulier à Kathleen De Laet qui a fait un travail bénévole énorme en organisant ce festival, à toutes les personnes ayant proposé un atelier, à l’équipe qui animait les enfants, aux personnes de mon groupe empathique,…
J’espère juste que Kathleen (ou quelqu’un d’autre) trouvera l’énergie pour organiser un festival CNV l’année prochaine et peut-être de s’y retrouver pour y vivre de belles histoires également. »