Sortir du management par la peur grâce à la Non-Violence

2 avril 2026 par
Sophie Lewandowski, Heloisa Gravina, Karim Rahila

 

Sophie Lewandowski, Heloisa Gravina, Karim Rahila

 

Que se passe-t-il en nous quand on nous dit : “préparons la guerre” ?

Cette question, en apparence individuelle, ouvre en réalité un champ profondément politique. C’est le point de départ de notre conférence théâtralisée mise en dessin par Solène Dargaud, dans le cadre du Forum des acteurs de la non-violence, Prépare la Paix.

La conférence est disponible en ligne : https://youtu.be/jF5iHHDJfY8

 

Ce que nous ressentons intimement n’est jamais neutre. Nos émotions, nos réactions, nos élans sont façonnés par la société dans laquelle nous vivons. En prendre conscience nous redonne de la liberté et du pouvoir d’agir.

 

 

L’INTIME EST POLITIQUE

L’éducation, l’organisation du travail, les médias, l’espace public modèlent nos corps, nos émotions, nos pensées et nos comportements.

Lorsque nous en prenons conscience, nous retrouvons du choix : individuellement, mais aussi collectivement.

Or, notre société est traversée par :

  • de fortes inégalités sociales,
  • une polarisation croissante des opinions,
  • la disparition progressive des lieux de sociabilité réelle,
  • un repli sur soi amplifié par la digitalisation et les réseaux sociaux.

Ce contexte nous rend particulièrement vulnérables à des discours politiques simplificateurs.

 

 

 

LE DISCOURS DE GUERRE COMME OUTIL DE POUVOIR

Pandémie, tensions sociales, économie, climat, conflits armés…

Quel que soit le sujet, le même vocabulaire revient : la guerre.

Ce langage n’est pas anodin. Il active la peur, crée une urgence permanente et installe une logique binaire : amis / ennemis, pour / contre, sauver / détruire.

 

=> C’est une forme de management par la peur.

À force de répétition, cette logique devient normale, acceptable, presque évidente. Elle s’impose comme une grille de lecture du monde.

 

EXPLORER NOS RÉACTIONS

Faisons ensemble cette expérience  : si l’on vous dit « Nous sommes en guerre »

Quelle est votre première réaction ?

  • Vous engager pour défendre,
  • vous replier pour protéger votre famille,
  • Refuser toute violence,
  • Ne rien ressentir,
  • Chercher une opportunité,
  • Fuir …

 

Si l’on reste au niveau des opinions ou des stratégies, le conflit est quasi inévitable.

Mais si l’on descend sous les discours, vers les émotions et les besoins, un autre espace s’ouvre.

Derrière chaque réaction, il existe un besoin humain

Chaque réponse cache un besoin fondamental :

  • Protection
  • Sécurité
  • Reconnaissance
  • Espoir
  • Légèreté
  • Intégrité

Ces besoins sont universels. Ce qui diffère, ce sont les ressources, le pouvoir et les contraintes dont chacun dispose pour y répondre.

 

LES GROUPES SOCIAUX COMPTENT (VRAIMENT)

 

On ne vit pas la peur de la même manière selon sa position sociale. Par exemple,

  • Une personne « racisée » peut ressentir une menace directe sur son intégrité lorsque les crises ravivent les logiques de bouc émissaire.
  • Une femme peut craindre une perte de sécurité et de droits dans des contextes autoritaires.
  • Un·e chercheur·euse peut s’inquiéter pour la démocratie et la liberté de pensée face à la répression des contre-pouvoirs.

 

=> Comprendre ces différences est indispensable pour dialoguer sans écraser.