Témoignage sur ....
Journée Portes Ouvertes à la zone de police Haute-Meuse à Dinant
24 septembre 2011
Après avoir suivi une formation à la Communication Non Violente avec Christiane Goffard et Anne-Cécile Annet, les organisateurs de la journée Portes Ouvertes de la zone de police Haute-Meuse à Dinant souhaitaient vivement partager avec la population dinantaise les ressources qu’ils avaient découvertes.
Et c’est par une belle journée d’automne comme septembre sait nous en réserver que nous nous sommes retrouvés vers 9 heures, le samedi 24 septembre, dans la cour de la police de Dinant. La brume automnale, s’élevant de la Meuse voisine, hésitait encore entre grasse matinée et balade dans la vallée. Enfin, se dissipant, elle laissait place au grand beau éclairé par un soleil radieux. Le stand a été rapidement mis en place dans la bonne humeur. Merci à la préparation minutieuse de Dominique Gilkinet et Christiane.
Chers visiteurs, nous vous attendons ! Mais comment vous aborder ?
Lors de la préparation de la journée, a été lancée l’idée de créer un signet CNV avec les coordonnées de l’ACNV-BF asbl (Association pour la Communication NonViolente de
Belgique francophone). Sa distribution fut un moyen agréable d’établir le conta
ct avec les visiteurs et d’entamer des échanges d’une belle diversité. Elle a permis de susciter des partages autour de la phrase de Marshall Rosenberg « Les mots sont des fenêtres ou des murs ». Oui, qu’y a-t-il derrière les mots ? Une fenêtre ouverte sur la beauté du vivant en chacun de nous ou un mur de protection ?
C’est accompagnée de Khady que Christiane est arrivée ce matin. Belle surprise !
En effet, avec le soutien matériel de plusieurs personnes de la CNV, Khady est venue du Sénégal se former à la CNV en Suisse et en Belgique. Son parcours est inspirant : elle a découvert la CNV en prison et ça a changé radicalement sa vie. Aujourd’hui, tous les week-ends, elle retourne en prison aider d’autres prisonniers sur le chemin de la paix intérieure. Quel riche moment que le partage sur les différences culturelles de nos pays, sur son travail bénévole en soutien des personnes emprisonnées dans son pays, avec comme point d’orgue, un échange avec le directeur de la prison de Dinant.
Quand les idées du coeur se rencontrent, quelle résonance !
Ce regard du coeur et de la conscience dans le milieu carcéral où la personne se voit et est vue comme un être humain à part entière et non à travers les actes qu’elle a commis lui permet d’améliorer sa façon de vivre l’emprisonnement et de se ré-insérer. La CNV peut y apporter ce que soulignait Christiane lors de son message au micro, c’est-à-dire la bienveillance tournée vers l’autre et vers soi dans un échange enrichi et respectueux de chacun.
En même temps, nous avons pu mesurer le défi de transmettre une telle ressource car, selon le directeur, le nombre d’agents à former, la taille et l’organisation des prisons sont des obstacles.
Pour Christiane et Anne-Cécile, cette journée avait un goût tout particulier : la retrouvaille des policiers et assistants sociaux qu’elles ont formés. Dans la découverte des multiples démonstrations et au travers des divers témoignages, tout au long de la journée, nous avons pu apprécier les nombreux services du métier de policier, ses exigences et mesurer les apports de la CNV dans les relations avec les citoyens et entre les membres du personnel.
Dans un autre stand, les agents de la DNF (Département de la Nature et des Forêts) expriment les difficultés de communication qu’ils rencontrent avec certains promeneurs en forêt.
Une autre visiteuse travaillant au sein d’un service d’urgences relayait l’agressivité fréquente des patients. « Enfin, on s’y habitue et on n’y fait plus attention », disait-elle. Puis au fil de la conversation, elle confia que l’accumulation pouvait la rendre, elle aussi, agressive. Oui, nous avons, sans aucun doute, tous besoin de bienveillance et de nous y ressourcer.
Les exemples étant trop nombreux à citer ici, nous pouvons nous réjouir de l’ouverture de nombreux visiteurs connaissant ou non la CNV qu’il s’agisse du simple citoyen, des policiers, d’un responsable d’IPPJ, de Fedasil, de nombreux enseignants de tous niveaux d’études, des éducateurs, ….
Enfin, de tout cœur, merci à Christiane, Dominique et Anne-Cécile pour ce qu’elles ont apporté dans la concrétisation de ce beau projet… et, ajoute Christiane, à Thierry qui s’y est impliqué dès le départ avec constance et créativité !
C’est certain, c’est une belle expérience à poursuivre, ou à renouveler !
Christiane Goffard et Thierry DAVIN, co-organisateurs du stand


